Ramia Carlo : j'ai rencontré un grand soleil…

ramia Carlo Alberto BertaccheJ’ai connu Swami Roberto au début des années “80” alors que j’étais un adolescent très timide et peu sûr à l’égard de la vie, un «petit gars» qui venait d’un petit village de la province vénitienne. Le sport était mon principal intérêt, tout le reste passait après, bien après… il y avait moi et mon insouciance qui était interrompue de temps à autre par quelques épisodes qui eurent certainement une influence sur mes choix futurs.

A l’époque un jeune de dix-huit ans, Roberto, fréquentait ma famille, je l’entrevoyais, entre le déjeuner et le dîner que ma mère préparait pour lui avec beaucoup de soin et d’empressement. Moi je disparaissais en un clin d’œil, pris par mes entraînements et par mon absence d’envie d’écouter les paroles des adultes ; indifférent et sourd à l’égard d’un invité si courtisé, je m’arrangeais justement pour que ces rencontres soient encore plus brèves, parfois avec une parfaite coïncidence, il arrivait comme je m’en allais. Maintenant trente ans après, je suis ici, je fais partie d’une famille beaucoup plus grande, nous nous sommes retrouvés, cet adolescent introverti et indolent, Roberto, ce jeune qui aurait peut-être voulu me dire tant de choses mais qui avec sagesse s’est retenu, attendant peut-être de ma part un signe de changement, d’ouverture qui ne se manifesta même pas dans les années suivantes.
...Il y eut pourtant un jour un épisode dont je me souviens encore très clairement: le téléphone de la maison sonna et j’allai répondre, à l’autre bout du fil Roberto qui demandait ma mère; il me semblait entendre pour la première fois sa voix qui, avec beaucoup de douceur et avec un amour fraternel, dirais-je, me demanda comment j’allai et me dit qu’il était content de m’entendre. Eh bien, cela vous semblera étrange, mais pour moi, malgré ma réticence, qu’il avait remarquée, à la sensibilité des autres, surtout à son égard, son attention sincère et en rien hypocrite, fut pour moi, une source de joie véritable, je compris avec le temps que l’amour inconditionnel pouvait faire vraiment une brèche dans un cœur de pierre comme le mien. Certes, une attention brève mais sincère ne suffit pas à me changer intérieurement, il faudra bien d’autres miracles et si aujourd’hui je suis ici à vous écrire ces lignes dans ce vêtement de moine Ramia, c’est sûr il y a eu vraiment quelque miracle.
La charité au service du prochain c’est tendre la main à qui en a besoin, c’est la Providence Divine qui prend forme dans un être humain et accomplit de grandes choses, c’est comme un signe indélébile, il reste pour toujours, il réveille les consciences et unit de manière indissoluble, il se manifeste aussi à travers un simple geste, une attention, un sourire, pour rendre normal ce qui malheureusement ne l’est plus.
Il y a une phrase d’une chanson que beaucoup d’entre vous connaissent et qui dit : « Le monde changera si moi je change. » changer est possible, ce n’est pas facile, mais il faut vraiment le tenter, et moi, avec mes frères ramiriques pendant quatorze années de sacerdoce, je veux tenir allumée la petite flamme qui a commencé à brûler en moi le jour où j’ai rencontré un grand soleil, une étoile qui illumine et montre la route même par les nuits les plus obscures. Merci !

Ramia Carlo Bertacche

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