Sommes-nous en paix?

Tiré d'un discours de Swami Roberto :

Si vous demandez aux jeunes « Qu’est-ce que la paix pour toi ? », vous vous apercevrez que la plupart ne savent pas répondre, parce que malheureusement les nouvelles générations, mais ce ne sont pas les seules, sont dans la confusion à cause de l’enchantement illusoire de la réalité matérielle.
Beaucoup de personnes croient que la paix intérieure est avant tout déterminée par des stéréotypes sociaux : le travail sûr, la carrière, le compte en banque, le succès, la santé, le monde sans guerres. Certains interprètent la paix comme la condition où on arrive à être en harmonie avec soi-même, mais uniquement dans le sens d’être bien dans son corps … ainsi ils sont souvent dans une salle de gymnastique, ils font des diètes et fréquentent les cours les plus variés, mais malgré cela la plupart sont quand même insatisfaits.
Beaucoup d’autres confondent la paix avec le plaisir d’être en pantoufles, assis devant la télé en prenant plaisir à voir un spectacle de sport ou en regardant paisiblement un film, sans que personne ne les dérange.
En définitive une personne pense presque toujours être en paix, quand elle est en bonne santé, se sent sereine et quand ses besoins sont satisfaits… et elle ne désire peut-être pas beaucoup de choses, en se contentant du peu dont on a besoin pour vivre avec dignité, croyant ainsi que tout va bien. C’est facile de confondre la paix avec la sérénité, ou bien avec le fait de se sentir pacifiste et bon.
En réalité le dénominateur commun des cas dont j’ai parlé, est la satisfaction, psychologique aussi, de toute une série de plaisirs avec lesquels la vraie paix n’a rien à voir.
L’être humain qui tombe dans le piège de ses désirs, est simplement un homme ballotté, … il nage dans l’anxiété et pourtant il est difficile pour lui d’atteindre la paix. Au contraire, celui qui triomphe de ses désirs et a horreur du plaisir égoïste, en l’éloignant de lui, est une personne divine qui peut nager dans la mer de la béatitude.
La paix est l’état de l’équilibre mental et animique, c’est le plan de l’harmonie des pensées, c’est la condition de la joie parfaite.
Celui qui aspire à la paix intérieure, doit savoir chasser de sa manière d’être la lamentation et le regret, parce que ce sont comme des balles : si on ne les extrait pas à temps, elles causent la mort. Il est bien de beaucoup travailler à l’intérieur de soi pour s’exercer afin d’atteindre son équilibre, à travers lequel s’ouvre grand la porte qui permet à la paix de s’emparer de vous. A ces fins la discipline est fondamentale ; dans toutes vos actions vous ne devez jamais laisser prévaloir ni le trop ni le peu soit par exemple dans l’alimentation, qui est très importante, soit dans tout autre aspect de la vie.
Liberté des choses avant tout !... par exemple, commencez aussi à diminuer de plus en plus les heures que vous passez sur Internet ou devant la télé, au sens de vous refuser à en dépendre, de même que vous ne devez dépendre d’aucun vice ni de vos limites.
En outre, libérez-vous du superflu si vous voulez vivre heureux !
Une personne « se ruine » si elle ne s’impose pas des limites, c'est-à-dire si elle ne s’oblige pas à respecter, comme je disais, une discipline minimale, qui consiste à se mettre de sages « éléments stables » qui aident à une plus grande maîtrise de soi… et c’est justement la maîtrise de soi qui nous différencie des brutes.
Donc, c’est déjà un bon « élément stable » par exemple, de s’approprier chaque jour un peu de temps pour le consacrer à la réflexion et à l’oraison… en allumant peut-être aussi une bougie, en la chargeant de vos intentions, ou encore mieux avec le désir qu’elle représente la lumière de vos pensées de louange et de gratitude au Seigneur.
La paix est béatitude et elle ne peut être acquise que si vous savez vous maîtriser en conduisant avec persévérance votre « guerre sainte » intérieure.
Sachez que la paix dont je vous parle ne vous conduit pas loin du monde, qu’elle n’est pas synonyme d’évasion mentale, ni encore moins de fuite de vos devoirs envers la société et la famille. La béatitude à laquelle je me réfère vous permettra au contraire de respirer « l’air des montagnes », c'est-à-dire de pouvoir être élevés et donc de ne pas être sous l’emprise des choses de ce monde même en continuant à vivre, comme il est juste, parmi les problèmes et les responsabilités qui vous concernent pour mieux les affronter, avec plus de lucidité et de courage. Mais pas seulement… grâce à la paix intérieure vous pourrez remplir votre cœur de sérénité et réussir ainsi à comprendre les autres de plus en plus.
Personne, savez-vous, ne peut dire qu’il est vraiment en paix si en même temps il n’est pas sensible aux exigences du prochain et de l’environnement.
Mettez de la clarté en vous pour comprendre quel niveau spirituel vous avez atteint, pour distinguer… comme je le disais auparavant… la « paix » qui voudrait que vous soyez voués uniquement à une tranquillité égoïste, de la vraie paix qui est autant intérieure qu’extérieure et qui se concrétise dans les actions d’amour envers tous, même au détriment de sa tranquillité personnelle.
Beaucoup oublient qu’il faut commencer par les petites choses, les plus simples, en saisissant les nuances qui font la différence et couronnent le tout. Et à propos de petites ou grandes choses, réfléchissez : au fond il n’y a pas de petites ou grandes choses quand on fait tout pour l’unique Amour, qui est l’Amour de Dieu. C’est pourquoi on peut affirmer que ceux qui sont fidèles dans les petites choses sont fidèles aussi dans les grandes. Les « petites choses » en question consistent à commencer à dépasser les contradictions qui normalement échappent à la plupart des personnes. Par exemple, au-delà de la religion à laquelle on appartient, il n’est pas possible de prier Dieu et puis de haïr les autres, en les injuriant par des commérages, des calomnies et ainsi de suite. Ceci semble tellement évident, qu’on dirait une petite pensée « de rien du tout », mais de fait il arrive chaque jour le contraire… jusqu’à arriver même à ceux qui ont le courage de tuer au Nom de Dieu… quelle monstruosité !
Je ne répéterai jamais assez qu’on ne peut faire de différences entre l’amour pour Dieu et celui pour le prochain, sinon ce serait comme penser que l’eau dans le verre est différente de l’eau de la bouteille qui l’a rempli.
L’amour est toujours amour, au-delà de la forme sous laquelle il se manifeste, ainsi que l’eau est toujours eau au-delà du récipient qui la contient. En réalité cet exemple, simple à comprendre, reste cependant un concept très difficile à mettre en pratique et il constitue en effet la contradiction de ceux qui affirment adorer Dieu mais qui causent ensuite des souffrances et des humiliations au prochain.
Réfléchissez : de nos jours on parle beaucoup de paix entre les religions, alors que les guerres continuent à éclater. Pour ne pas parler de la fameuse phrase dans la bouche de tous : « hais le péché, mais non le pécheur » ; il ne faut certainement pas un diplôme universitaire pour en comprendre le sens, mais malgré cela on élude ce sain principe… et bien que le concept ne soit pas compliqué, le poison de la vengeance et de la haine continue à se répandre parmi les hommes.
Mes chers, cherchez tous ensemble, chacun avec ses talents et sa mission dans la vie, à donner plus de valeur aux petites choses… et j’ajoute : donnons plus de valeur aux choses simples comme saint François aussi le dit.
Il est facile de donner un sourire, mais cela devient une expression très spirituelle si on réussit à sourire au prochain quand il est difficile de le faire… quand on est troublé par ses chagrins.
Vous tous, vraiment tous, si seulement vous le voulez… et j’espère que vous le prétendez même … pouvez soulager le fardeau de quelqu’un d’autre, et c’est là le premier pas fondamental pour commencer à construire la paix pour le prochain et pour vous-mêmes.
A quoi servent toutes les découvertes de ce monde, si vous ne ressentez pas la nécessité de redécouvrir votre être profond, votre cœur ? Nous avons besoin d’amour, de dialogue, de confrontation.
A quoi sert-il de conquérir les planètes, si avant tout on ne commence pas à se comprendre soi-même, pour pouvoir mieux comprendre les autres ?
Ce que je dis ne signifie pas du tout diminuer la science, la technologie, le progrès… je veux souligner que, pour viser au pouvoir ou à je ne sais quelles conquêtes, on risque de négliger la vie ici, sur notre planète qui a faim et soif de justice, en oubliant les êtres humains qui vivent dans des conditions impossibles, dans la misère la plus noire, malgré le développement prodigieux de la civilisation. En ce temps difficile et plein de tensions et d’attentes de paix au niveau mondial, c’est un luxe trop facile de se sentir « inutile ».
Chacun peut faire quelque chose, ou mieux beaucoup de choses ! Priez donc ainsi : « Seigneur, donne-moi la grâce d’atteindre l’équilibre intérieur, pour accueillir pleinement ta Paix, en devenant un instrument de paix pour tous » et Dieu vous illuminera chaque jour, en vous modelant en ce sens au bénéfice de beaucoup de personnes. Si au contraire le désordre est le maître à l’intérieur de vous, votre capacité de comprendre le prochain est inhibée, vous ne pourrez donner au prochain aucun conseil ni aucune aide, parce que le chaos intérieur limite gravement votre sensibilité.
Seule l’harmonie retrouvée du microcosme que vous êtes, vous permet d’établir une relation fructueuse avec les personnes que vous rencontrez. Vous avez besoin toujours et seulement de paix, c'est-à-dire de retrouver Dieu et donc son Equilibre en vous.
Réfléchissez : la capacité de s’aider, d’apprendre à aimer les autres, de se confronter, de construire un avenir meilleur… sont des facultés qui appartiennent à chaque femme et à chaque homme indépendamment de la foi qu’ils professent, et ceci est extraordinairement merveilleux, surnaturel ! Une foi différente ne doit pas être la raison pour ne pas chercher à construire quelque chose ensemble ; éventuellement la foi et la raison de ceux qui ont des influences culturelles différentes, grâce à une volonté d’union, pourraient faire trouver les points de contact qui permettent de dépasser ce qui sépare en fonction de ce qui unit. C’est pourquoi Anima Universale est un Mouvement d’ « Union Spirituelle » qui proclame à chaque habitant du monde : « Si tu veux la paix, défends la vie ! »… celle de l’esprit aussi.

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