Savoir écouter

Tiré d'un discours de Swami Roberto:

« Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ». Voici les paroles de Jésus, qui sont très claires et qui n’ont pas besoin de trop de commentaires, même si chez presque tous les chrétiens elles sont humainement difficiles à mettre en pratique… très faciles à comprendre intellectuellement, mais ardues à réaliser avec la conviction du cœur.
L’ignorance spirituelle est la cause des peurs et de la capacité de marginaliser qui naissent dans l’esprit de l’homme, en lui faisant juger le prochain et en le séparant de Dieu. Celui qui juge est esclave des apparences, et est lié d’une manière erronée à sa raison influencée par de faillibles opinions subjectives.
Le Divin Yehoshua a commandé de ne pas juger… oui, pour vous rendre libres de la prison de cet instinct. Même si vous réussissez en effet à être objectifs dans vos appréciations à l’égard des autres, vous ne pourrez jamais lire tout au fond de l’âme d’autrui et donc vous ne posséderez jamais la certitude que votre jugement soit absolument parfait. Chacun de vous a la capacité terrifiante de blesser son prochain par la critique comme une fin en soi, sans une autoanalyse préventive qui permettrait de considérer qu’au fond on a on est tous en faute. L’enseignement divin est très simple, mais c’est l’homme qui est très tordu avec sa mentalité, qui en quelque manière est toujours capable de déformer la simple vérité, en la transformant en une difficulté compliquée.
Le Christ appelle tout le monde à la spiritualité, ce qui signifie avoir le courage de se regarder à l’intérieur, dans son cœur. Ainsi, avant de juger en pointant le doigt contre quelqu’un pour médire, pensez bien à ce que vous dites et à ce que vous faites : avant tout, regardez-vous vous-mêmes et réfléchissez à comment vous vous conduisez dans la vie. Celui qui se croit chrétien doit s’interroger en prenant pour exemple Jésus qui dit avec clarté : « Que celui de vous qui est sans péché, lance le premier la pierre » et ceux qui s’estiment croyants, mais qui ensuite jugent et discriminent, qu’ils se demandent : « De quel Christ sommes-nous disciples ?» Et de plus …une réflexion ultérieure importante échappe à la majorité : le fait de « ne pas juger » comprend aussi la capacité de savoir accueillir la vérité d’où qu’elle vienne, peut-être justement d’une personne qui pourrait être considérée comme pire que les autres. Il faut donc agir avec prudence quand on étiquette avec superficialité quelqu’un « pire que… » parce que ces appréciations sont toujours discutables. Dans tous les cas, bien que parfois la distinction entre qui est délinquant et qui ne devrait pas l’être semble évidente, rappelez-vous toujours que, si Dieu le veut, vous pouvez apprendre la vérité même d’un malfaiteur… certes, justement de tous, à la limite même d’un détenu qui « en a fait de toutes les couleurs ». Donc, il peut arriver que même un confrère de travail antipathique puisse vous dire une chose juste, et vous ne devez pas vous ôter, par parti pris, la possibilité d’écouter et de comprendre un aspect supplémentaire de la réalité. Imposez-vous à vous-mêmes de regarder toujours la substance de ce qu’on vous dit sans tenir compte de ce que vous pensez de celui qui vous le dit… et ne faites pas aussi comme beaucoup de jeunes, qui n’acceptent pas de conseils de leurs parents parce qu’ils les considèrent comme « vieux jeu » et, malheureusement il ne leur viendrait jamais à l’idée de leur donner raison même pas devant l’évidence. De même, un adulte qui, à priori pense n’avoir rien à apprendre d’un jeune, commet une grave erreur de présomption et de sottise ; même les enfants avec leur spontanéité mettent souvent en évidence la vérité d’une situation. Faites toujours attention à ne pas plonger dans la mer de votre dédain, autrement vous vous nierez l’opportunité de cueillir les aides de qui que ce soit que le Seigneur met sur votre voie. Ils sont vraiment pauvres ceux qui, ayant trop de préjugés, mutilent leur propre liberté.
Gardez toujours votre esprit ouvert et souple…soyez capables de reconnaître la vérité sous quelque forme qu’elle se présente à vous et vous ne serez jamais victimes du préjugé. Apprenez à analyser le contenu du message, au lieu de faire très attention à la manière avec laquelle on vous le dit, ce dont vous vous offensez souvent. Faites trésor de la vérité, toujours… même si elle est annoncée par une personne qui ne vous plaît pas. Aimez la vérité et souvenez-vous que l’Esprit-Saint peut vous faire toucher la Vérité même à travers les derniers, ceux que vous considérez comme ignorants ou indignes… enfin de la manière ou par l’intermédiaire de quelqu’un auquel vous vous attendez le moins : l’Esprit du Seigneur est comme le vent qui «  souffle où il veut et tu en entends la voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va ». L’Esprit de Dieu peut en effet envahir d’une manière imprévisible et providentielle votre vie, parce qu’Il est une surprise sans fin. Bienheureux ceux qui, devant une vérité écoutée, que leur ego ne croit pas facile, réussissent de toute façon à aller au-delà de l’amour-propre, dans le but de s’améliorer eux-mêmes, en remerciant.
L’homme ne vit jamais une dimension statique, mais c’est un être continuellement en voie de réalisation, pour qui toute réponse devrait être le tremplin pour une nouvelle question… mais on ne peut atteindre aucune réponse si d’abord on n’est pas dans les bonnes conditions pour reconnaître la vérité, pour pouvoir se refléter en elle en l’acceptant totalement. Voilà l’importance de ne pas juger… pour ne pas juger la vérité !
Beaucoup mettent en cause la vérité et préfèrent, les malheureux, lui trouver « des défauts » pour se justifier, en se flattant ainsi de mieux vivre, en oubliant que seule la vérité purifie et libère.
Oui… la vérité est purification et liberté, à condition que, avec maturité et avec un fort désir de croître intérieurement, tu veuilles accepter le fait que parfois elle peut aussi blesser ton orgueil… pour le purifier et te rendre donc libre.

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« Il y aura plus de joie au ciel pour un pécheur converti, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion ». Applaudissez les personnes qui se réveillent à la vérité et qui veulent se renouveler pour ne pas rester toujours les mêmes, liées aux erreurs du passé. Toi aussi réjouis-toi et fais une fête quand tu te décides à abandonner « le vieil homme » et que tu te mets en cause pour réussir à changer de vie… cette prise de conscience est une véritable conversion !... non parce que tu te convertis à une religion, mais parce que tu te convertis à l’Amour qui te transforme, te change, te rend « un homme né de nouveau » et te fait être tout à Dieu !
On fait souvent une erreur très grave, c’est-à-dire l’erreur de juger quelqu’un comme on l’avait connu dans le passé, sans considérer ses changements éventuels.
Beaucoup de personnes sont tenacement attachées à leurs vieilles convictions, parce qu’elles ne veulent pas faire l’effort de devoir réexaminer objectivement une situation. Souvent justement, ceux qui sont avec insouciance incohérents dans la réalisation de leurs bonnes résolutions, se révèlent au contraire même intransigeants dans le fait d’être à tout prix «cohérents » avec leurs préjugés précédents.
Si on veut avec obstination effacer de soi-même le préjugé, et si on se dispose à accueillir le changement du prochain, on passera de vérité en vérité, au sens où on aura la capacité de s’adapter au changement de la réalité. Chaque individu dispose de sa liberté, qui évidemment peut être employée même pour s’améliorer : pourquoi alors ne pas en prendre acte ?
La Grande Âme Gandhi racontait qu’il changeait mille fois d’idée et que pour cela on ne devait pas le considérer comme un clown, un pantin ou un idiot. Le Mahatma affirmait que s’il n’avait pas été en mesure de changer d’idée dans ses innombrables initiatives, il aurait tenu pour sûr qu’une personne ne peut jamais évoluer.
Il peut arriver de juger, ou mieux de constater qu’un individu est méchant au moment où il démontre aux autres qu’il l’est, mais ensuite avec le temps, quand on découvre que cette personne devient meilleure, en se renouvelant, alors il faut avoir l’honnêteté de changer ses opinions sur son compte. Gandhi disait : « J’ai changé d’idée sur beaucoup d’hommes politiques. Au début ils tuaient les gens de mon peuple ; ensuite ils se convertissaient et ils faisaient parti du peuple »… et puis encore : « Mon inconséquence est seulement apparente. Elle semble ainsi à beaucoup d’amis  parce que je réagis avec compréhension aux différentes circonstances. Ce qui pourrait être pris pour cohérence, ne pourrait se révéler que de la pure obstination ».
Celui qui se consacre à la vérité n’a jamais peur de la comparaison, des questions, du renouvellement…ni ne craint de manifester sa réflexion face à une réalité qui change, ou de laquelle il a une meilleure compréhension. Ceux qui ne sont pas en mesure de « mettre à jour » leurs convictions devant la progression dynamique de la vie, qui est une nouveauté continuelle avec son changement incessant, démontrent qu’ils ont choisi de se limiter à « survivre »… au lieu de s’immerger complètement, activement, dans la transformation perpétuelle de la vie elle-même. Ceci vaut aussi par rapport à des situations de leur passé, qui pour beaucoup créent de l’angoisse à cause de sentiments déchirants de culpabilité qui empêchent de « tourner la page » et d’affronter l’avenir avec une confiance renouvelée. Chacun de vous, comme il se sait en conscience imparfait dans l’Amour, doit-il peut-être se résigner ? Certes non ! Malheur, si c’était comme cela.
Vous ne devez absolument pas capituler… ne perdez pas de temps en vous tourmentant sur votre passé. Vous ne devez pas penser que si vous vous êtes trompés, ensuite vous resterez les mêmes durant toute votre vie. Vous pouvez toujours croître, vous améliorer, vous élever, recommencer, parce que c’est votre droit et votre devoir de changer… et en même temps vous ne devez jamais oublier que votre prochain aussi a le même droit de pouvoir changer.
Courage ! Vous ne pouvez vous tenir à l’écart du renouvellement éternel de la vie. Abhorrez donc toute tendance à vous abandonner à vos préjugés, à des opinions acquises précédemment, mais désormais dépassées. Ne vous réfugiez pas dans la routine, qui est la torpeur qui peut anéantir tout mouvement intérieur tendu vers la vie, en appesantissant malheureusement beaucoup de personnes de paresse mentale.
La Miséricorde Divine, fondement de l’espérance humaine, vous défend d’entrer dans le champ de ceux qui s’ennuient de tout, de ceux qui sont enfermés en eux-mêmes, des héros fatigués. « Convertissez-vous » à l’espérance, qui est la vie de votre foi, et qui vous conduit à admirer les horizons infinis de l’inépuisable Amour de Dieu. Imaginez : se retrouver tout seuls pendant des moments interminables, avec l’unique compagnie des mille mésaventures, procurées par la nature humaine, et croire pourtant que tout autour de soi peut changer… et réussir donc à sourire encore et à s’émouvoir, bien qu’assaillis par tant de problèmes.
Accueillez toujours en vous le vent du renouvellement, qui amplifie la vie intérieure en rendant plus belle votre journée… et en priant ensemble avec dévotion, demandez au Seigneur qu’Il vous aide à réaliser les paroles de cette chanson : « Toi qui rends toutes choses nouvelles, fais qu’aujourd’hui nous devenions nouveaux comme Toi…. Et, quand je me considère comme un raté, permets-moi de recommencer, donne-moi un cœur neuf qui soit capable d’aimer ». Ainsi soit-il !
Combien de reconnaissance et combien de gratitude on doit au Seigneur !...
Il donne tout et Il peut tout renouveler, mais que reçoit-Il en échange ?
L’indifférence humaine. Vous au moins, faites qu’il n’en soit pas ainsi !

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