Conscience et morale

Tiré d'un discours de Swami Roberto :

En parlant de morale il est important de faire avant tout une distinction. D’un côté il existe une morale qu’on peut définir comme « sociale », car elle est générée par une collectivité de personnes qui établissent ce qui est bien et ce qui est mal, selon une culture qui leur a été transmise depuis leur naissance. En général cette morale peut être sûrement considérée comme tournée vers un développement temporel positif parce que fruit de l’évolution humaine qui se reflète dans la société, mais cela ne signifie pas nécessairement que la morale coïncide avec la Pensée de Dieu.
D’un autre point de vue il existe une morale individuelle, générée par l’intériorité spirituelle de chaque individu, qui s’exprime dans la volonté d’être cohérent avec ce que la conscience suggère comme fruit de sa propre évolution.

De nos jours malheureusement un très grand nombre de personnes se limitent seulement à adhérer à une éthique imposée par la société, avec l’unique souci d’en respecter passivement les règles.
Beaucoup pensent ainsi avoir accompli leurs obligations morales, alors qu’au contraire, ils ont seulement trouvé le système pour se soustraire des responsabilités de conscience, en limitant la recherche sur leur propre moralité à ce que la société a fixé comme schémas du bien et du mal.
La recherche de ce type de morale est sans aucun doute gratifiante parce qu’elle reçoit l’approbation de tous, mais si l’être humain ne se soucie pas d’aller au-delà de la facilité, pour écouter à chaque instant sa conscience afin d’être vrai, alors il se refuse à lui-même la possibilité d’évoluer spirituellement dans la recherche de son authenticité intérieure.
Dieu est Vérité Immuable dans le temps et donc la « morale sociale » n’a rien à faire avec Lui, parce qu’elle est la justification de la conduite de ceux qui modèlent leurs propres choix et actions en fonction du contexte socio-culturel instable où ils vivent.

En effet, comme elle provient de la culture collective, la morale sociale se conforme aux changements de la société, en suit les développements et s’adapte par conséquent avec le temps aux opinions changeantes des êtres humains, qui à certains moments considèrent comme mal ce qui auparavant était bien... et le contraire.
Les religions mêmes influencent ensuite la culture et par conséquent l’humanité quand elles font croire qu’à travers elles s’exprime la Volonté de Dieu, établissant ainsi les règles morales qui décident quelle est la conduite juste ou fausse pour les êtres humains.
Il est évident qu’on ne peut pas attribuer à Dieu la responsabilité des choix faits « en son Nom » au cours des siècles par ceux qui, se faisant passer pour ses représentants, ont imposé une « morale » constituée aussi par des violences de toutes sortes, inquisitions, persécutions et guerres de religion.
Pour donner un exemple significatif, Yeshua dépassa la morale de son temps en se conduisant en véritable « révolutionnaire », en faisant les miracles le samedi, en allant chez les publicains… c’est-à-dire en enfreignant les règles imposées par la religion.
Par son message d’Amour, qui va au-delà des schémas et des règles, Jésus veut faire comprendre aux êtres humains que le bien et le mal résident dans leur conscience et non pas dans ce que la société établit, ou dans les dogmes de la religion.
Voilà pourquoi la morale sociale est souvent une justification pour ceux qui n’ont pas le courage d’écouter la voix de leur conscience, qui est l’unique chemin pour faire vraiment le bien, pour soi-même et pour le prochain.
Beaucoup enseignent que faire du bien ou aimer signifie se donner le plus possible ou entièrement aux autres pour aider les nécessiteux et ceux qui souffrent.
Il existe des groupes d’hommes et de femmes toujours plus nombreux qui, par de différentes formes de bénévolat, construisent des œuvres de charité en donnant la plupart du temps une aide concrète en réponse aux nécessités de ceux qui se trouvent dans de graves difficultés.
En rencontrant ces personnes pleines de bonne volonté, j’ai vu malheureusement que beaucoup d’entre elles, dans la capacité de faire du bien… au fond « ont déjà leur récompense », comme dirait Jésus.

De nos jours en effet une grande partie de l’humanité, justement parce qu’elle est habituée à accueillir Dieu à travers le fait d’imposer des schémas et des règles établies, considère comme une « règle de vrai bien » le fait de donner de l’aide à ceux qui en ont le plus besoin, mais sans se soucier de la conscience spirituelle avec laquelle ce don de soi aux autres est vécu.
Il arrive ainsi que la plupart de ces personnes trouvent la possibilité de se réaliser dans le bien qu’elles font, en se gratifiant et en se complaisant dans leur rôle de bonté, « sur le dos »… dans ce cas il faut vraiment dire ainsi... de celui qui doit subir cet « altruisme intéressé ».

Voilà pourquoi tant de personnes, à un certain moment de leur vie, choisissent de se mettre à la disposition de ceux qui souffrent pour pouvoir être reconnues « bonnes » par le prochain, pour se sentir vigoureuses, vives et utiles en satisfaisant, en définitive leur ego avant toute autre chose.
Rappelez-vous de ne jamais vous laisser tromper par le sentimentalisme comme fin en soi… ou par le fait que, après une grande quantité d’actions, vous pourriez vous sentir en droit de penser avoir fait la Volonté de Dieu, et donc avoir aimé.
Vous devriez, au contraire, comprendre que tout cela n’est pas vraie Charité, mais plutôt un problème psychologique inhérent surtout à ceux qui, ayant peur de la mort et du « jugement divin », ont plus de crainte de Dieu que d’Amour pour Lui, et donc ils font du « bien »… parce qu’ils ont peur… mais certainement pas parce qu’ils Aiment.
Vous aimerez vraiment, et alors vous pourrez donner avec plénitude aux autres, quand vous serez Amour … et l’Amour engendre Amour… tandis que les œuvres matérielles produisent des œuvres matérielles.
L’Amour est vraiment Amour quand l’être humain est spirituel … donc, avant de donner quelque chose aux autres demandez-vous si ce que vous offrez est « propre » dans l’intention, dépourvu des pollutions provoquées par votre ego.
Cherchez à savoir si vous êtes en mesure de ne pas « salir » ce que vous offrez avec l’orgueil et la présomption d’avoir donné…
Analysez s‘il vous est plus facile de faire quelque chose de matériel pour les autres, justifiant ainsi votre conscience devant Dieu, plutôt que de transformer votre moi en travaillant avec discrétion en vous-mêmes, sans recevoir d’approbations ni de « tapes sur l’épaule » de personne.
Qu’il soit bien clair que le bénévolat est fondamental pour aider les nécessiteux… mais qu’il serait également important de diffuser aussi une éducation spirituelle à ceux qui se prodiguent dans ce sens, en les aidant à s‘analyser pour qu’ils trouvent le courage de se changer eux-mêmes avant tout, afin de ne pas polluer du point de vue aurique l’engagement qu’ils donneront ensuite aux autres.
C’est là seulement un exemple de la grande différence qui existe entre le bien codifié par la morale sociale, et le vrai Bien que chacun de vous peut faire, en écoutant sa propre conscience pour devenir Amour.

En croissant spirituellement il vous sera spontané et naturel d’exister pour les autres, sans même que vous vous rendiez compte que vous êtes utiles. Votre validité en effet existe déjà à partir du moment où l’énergie que vous dégagez de l’aura est Vie, Equilibre, Paix, Vérité… parce qu’ainsi vous contribuez à chaque instant à construire un monde meilleur, tant spirituellement que matériellement, en vous opposant aux énergies négatives qui existent sur cette planète tellement « salie » par la haine et la violence.

Si tout le monde comprenait que mettre en pratique ce que Je suis en train de dire signifie réaliser le vrai Amour, le monde serait différent. Donc du point de vue utopique il ne serait plus nécessaire de construire des cantines pour les pauvres, des centres pour récupérer les drogués, des organisations d’assistance pour les populations en guerre et des hôpitaux pour les malades… parce que toutes les maladies et les problèmes du monde ont exclusivement une origine spirituelle.

Puisque Dieu existe
Et qu’ il y a des hommes qui croient vraiment en Lui,
en L’aimant,
même les utopies peuvent devenir réalité.

Beaucoup confondent « faire du bien », avec faire l’aumône pour avoir la conscience tranquille, alors que le bien est, au contraire, d’aller contre soi-même pour être vrais, en aidant dans le même temps le prochain à en faire autant.
Il est difficile d’aider les autres… il n’existe pas de règle.
Si l’on choisit une formule, elle sera peut-être dictée par la société comme
« bien », ou « amour » ou « altruisme », mais elle peut être une fuite d’une réalité plus difficile.

Tout en respectant et en appréciant énormément la générosité et l’Amour de beaucoup de religieux et de laïques qui consacrent leur existence aux autres, en vivant au contact de la pauvreté et de la famine du tiers monde, parfois l’engagement le plus ardu pourrait être celui de faire le missionnaire dans sa famille, ou dans le milieu social où l’on est inclus… parce qu’il est difficile d’exprimer en toute occasion de l’honnêteté et de la compréhension, surtout avec le collègue de travail ou avec le locataire de l’étage au-dessus...

Le « bien » n’est pas une règle préétablie mais au contraire une réalité individuelle, dictée par sa propre conscience, et on ne peut donc codifier ou juger les actes d’autrui. Chacun de vous a une mission… et chacun devra vivre ses expériences spécifiques, parce qu’évidemment Dieu ne demande pas à tous d’être prêtres ou volontaires à plein temps…
La culture et la société classifient, au contraire, le bien et donnent des échelles de valeurs qui en réalité n’ont rien à faire avec les différentes consciences de chaque être humain.
Pour certains « faire du bien » aux autres et à eux-mêmes en atteignant l’illumination spirituelle, peut sembler apparemment simple, tandis que pour d’autres c’est peut-être ce qui coûte le plus, non pas en termes de sueur, de fatigue ou de sacrifice extérieur, mais plutôt en termes d’abandon en Dieu à travers la mortification de son égoïsme.
Souvent on a plus de difficulté à demander pardon à une personne, que de participer à d’innombrables veilles de prière…
Beaucoup croient que pour être dans la grâce du Seigneur il est nécessaire de faire les choses que la société et les gens ont décidées, tandis que Dieu est au-delà des limites que les êtres humains Lui attribuent.
Si chacun de vous s’analyse dans la vie de tous les jours, il commencera à découvrir ce qui sert réellement pour vaincre l’égoïsme et s’élever vraiment.
En vous améliorant vous-mêmes, vous saurez mieux aider les autres… car un aveugle ne peut pas guider un autre aveugle.
Guérissez-vous vous-mêmes, afin de pouvoir être « médecins » au profit de votre prochain.

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