Bonne volonté
Tiré d'un discours de Swami Roberto
Quelqu’un dit : « J’ai peu de volonté » : Sachez que cette affirmation n’est pas correcte, puisque il n’existe pas de petite ou de faible volonté, mais seule existe la volonté. C’est comme quand on affirme : le soleil est fatigué, malade, faible, … c’est une façon de parler, mais c’est inexact, parce qu’évidemment derrière les nuages le soleil est puissant, toujours !
Alors, au moment où on n’est pas divin mais au contraire misérablement humain, aigre, tortueux… et où on s’abandonne au néant de l’apathie, dans ces circonstances ce n’est pas tant le pouvoir de la bonne volonté qui est faible, mais c’est au contraire le « le fait de vouloir » rester sourd à la volonté qui est fort.
Ouvrez bien donc vos oreilles intérieures et écoutez la conscience qui peut vous pousser à suivre avec audace le droit chemin. Tirez de son inspiration le pouvoir de la volonté pour vous améliorer vous-mêmes. Vous pourrez alors affirmer : « Je veux bannir de moi les excès… je ne veux pas me consigner prisonnier de mes vices… je ne veux pas humilier ma dignité ».
Que signifie avoir de la bonne volonté ? Ceci veut dire combattre son moi du matin au soir. La bonne volonté est la victoire de la spiritualité sur les instincts, et avec le mot instinct je ne veux pas seulement me référer à des choses vulgaires, mais aussi par exemple à l’instinctivité des décisions non pesées… des raisonnements irréfléchis fruits de réactions non contrôlées… des actions hâtives, non pensées avec prudence. L’instinct est tout ce qui s’oppose à la bonne volonté, dont il est l’ombre. Le juste vouloir vous permet de faire l’effort de penser avant de parler, de faire des choix ou d’agir… et ceci n’est absolument pas évident, car pour beaucoup de personnes il faut un remarquable engagement pour y réussir. En effet la volonté humaine est forte quand on poursuit des idéaux qui gratifient l’amour-propre, alors qu’au contraire elle est plus faible quand il faut « la faire sortir » selon les conseils de la conscience, qui ne coïncident pas toujours avec ses aises.
Il y a des personnes qui ont des blocages mentaux, ou qui ont subi des chocs mais qui ne font rien avec leur bonne volonté pour réagir et dépasser leurs difficultés, en profitant aussi d’une consultation avec un médecin qui pourrait certainement les aider. Ainsi elles risquent malheureusement de tomber encore plus malades, étant donné que certaines maladies sont exactement la somatisation d’un problème intérieur. La bonne volonté consiste donc aussi à vouloir se soigner et à vouloir, justement, réagir ! C’est un devoir de se soigner et non seulement un droit… et à ce propos il peut vous sembler absurde de croire que, alors que nous sommes désormais proches de l’an deux mille, il y a encore des personnes qui, quand elles ont mal, ne s’adressent pas aux médecins… pourtant c’est ainsi et ceci est la démonstration d’une mauvaise volonté et d’une mentalité erronée. C’est là un véritable blasphème contre la vie… et sûrement les prières de guérison de ceux qui refusent les soins médicaux ne seront pas exaucées : Dieu ne peut pas aider les sots !
Mais que dis-je… ce ne sont pas des sots ! Ce sont de véritables suicidés… et celui qui se suicide comment ose-t-il soutenir qu’il croit en Dieu, le Seigneur de la Vie ? Qui ne se soigne pas avec les médicaments ou les thérapies nécessaires est un « criminel » parce que, comme si cela ne suffisait pas, il fait du mal aussi aux personnes qui l’aiment… ceci pour parler franchement !
La bonne volonté est une face du diamant de l’esprit ; sans elle toute pratique spirituelle perd son sens, c’est pourquoi on risque de devenir des tièdes. La bonne volonté est pratiquement le caractère, l’épine dorsale de ta spiritualité. Dieu récompense la volonté et non pas le sentimentalisme.
Une détermination mûre mène sur la voie de l’immortalité, tandis que la personne qui n’a pas de jugement risque de s’engager sur le sentier de la mort. Ceux qui sont sérieusement consciencieux ne meurent pas intérieurement, parce qu’ils cultivent le terrain de la rectitude avec les graines de la bonté, desquels sortiront les fruits des actions concrètes de solidarité. Au contraire ceux qui sont insouciants sont comme déjà morts, car ils ne se chargent pas des nécessités d’autrui.
Vous, engagez-vous à pratiquer la « gymnastique » indispensable pour augmenter la puissance de la bonne volonté, de sorte que vous ne vous rendrez jamais face aux difficultés et vous ne permettrez pas à vos instincts de colère ou à la résignation d’avoir le dessus sur vous. Si vous ne voulez baisser la tête devant personne, avant tout vous ne devez pas vous incliner devant vos vices et vos misères intérieures.
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Seule la volonté de Dieu est parfaite ! Quand à cause du libre arbitre ou de l’ignorance spirituelle on se met en dehors d’Elle, on vit le chaos et le déséquilibre intérieur et on anesthésie sa bonne volonté. Loin de l’unique, parfaite Volonté qui est Dieu, on n’est plus vraiment libre parce qu’on est ballotté ça et là par ses sensations trompeuses, à ne pas confondre, surtout, avec les inspirations… ces dernières proviennent vraiment de la Volonté du Seigneur et ne peuvent donc pas être trompeuses.
Mais attention : il est pratiquement impossible de connaître la Volonté de Dieu. Penses-y : tu ne peux jamais être sûr de faire la Volonté de Dieu parce que tu ne La connais pas… tu ne peux pas dire qu’Il t’a expliqué exactement ce qu’elle est et tu ne peux même pas te fier aveuglement à des « signes » parce que de toute façon c’est toujours toi qui les interprètes, selon tes émotions. En outre, n’oublie pas que l’Amour n’a pas de schémas ! Comment peux-tu donc penser emprisonner la Volonté de Dieu dans tes schémas très limités ? Comment peux-tu prévoir où le Seigneur veux te conduire ? Du reste, le monde est plein de personnes qui, comme toi, désireraient connaître avec certitude quelle est la Volonté du Seigneur, pour mieux savoir que faire dans la vie, mais son Vouloir est mystérieux ! Je t’invite alors à ne pas t’agiter, parce que c’est bien d’observer la question d’un autre point de vue : laisse de côté le fait de vouloir savoir ce que le Seigneur voudra de toi dans le futur et commence au contraire à travailler dans ton âme pour avoir un cœur doux, constamment prêt à L’accueillir… c'est-à-dire à comprendre qu’Il est toujours en toi.
Pense comme c’est beau : pouvoir être ainsi la Volonté même de Dieu quand tu es son instrument et son moyen à travers ta « volonté de vouloir » t’abandonner à Lui. C’est seulement quand tu auras spirituellement beaucoup travaillé pour te libérer de la domination de l’ego avec toutes ses prétentions, que tu pourras atteindre une telle élévation que tu seras illuminé et donc inspiré par le Seigneur. Tu ne peux donc faire la Volonté de Dieu, tant que tu ne La connais pas, mais tu peux en être la manifestation, afin qu’à travers toi s’exprime l’unique Volonté parfaite. Je sais que ceci pourrait te sembler peu de chose, mais en réalité c’est vraiment beaucoup plus « être » la Volonté de Dieu… plutôt que « essayer de faire » la Volonté de Dieu.
Tu te demanderas : « Quand sais-je que je suis vraiment la manifestation de sa divine Volonté ? » Quand tu auras abattu les grands murs qui te séparent de Lui, lesquels ne te permettent pas de te fondre en Lui pour être et faire comme Il désire. Les Maîtres divins ont été visiblement sa Volonté même, seulement après avoir abattu la « douleur » de la séparation. Voilà les murs qui déterminent cette division… le premier : la peur de « perdre », au sens évangélique, sa vie pour les autres.
Le deuxième : la crainte de ne pas se sentir « digne » ou « capable de »… ; c’est là une bonne excuse pour attendre de l’être, puisque personne dans l’absolu ne sera jamais digne ou pleinement capable.
Le troisième : la peur de ne pas réussir à changer ses mauvais défauts. Penses-tu que Dieu n’a pas le pouvoir de t’aider si tu veux vraiment te dominer ?
Dans ces trois solides murs à abattre il y a la synthèse des raisons pour lesquelles presque tous ceux qui voudraient être en syntonie avec la Volonté du Seigneur, n’arrivent pas à l’être.
Enfin, mais c’est un cas à part, il y a ceux qui vivent dans l’abîme de l’indifférence la plus totale envers la spiritualité, envers le prochain et envers les idéaux les plus nobles de l’existence, parce qu’ils ont décidé qu’ils ne s’intéressent à rien d’autre qu’à eux-mêmes et souvent même pas à eux-mêmes. Ces derniers ne peuvent même pas être considérés comme des athées, parce qu’un athée peut très bien avoir le sens de la dignité de sa personne et le fait de dire qu’il ne croit pas en Dieu ne signifie pas qu’il ne peut éprouver de compassion envers ceux qui sont en difficulté. Bien qu’ils ne soient pas croyants, les athées peuvent être également des instruments dans les mains de Dieu. C’est Lui qui « croit » en eux ! Il y a donc une grande différence entre un athée responsable de ses droits et de ses devoirs envers la collectivité et ces individus qui vivent au contraire sans goût à rien, qui se fichent de tout, sans aucune ambition ni aspiration et qui sont irrespectueux de la société. De fait, donc, les athées aussi peuvent s’immerger dans la Volonté de Dieu même sans en reconnaître l’existence ; d’ailleurs le Seigneur n’a pas besoin de « demander la permission » à quelqu’un pour pouvoir exister.
Au bout du compte un très grand nombre de personnes à des époques lointaines ont vécu en ignorant l’existence de l’oxygène dans l’air… et quand on l’a découvert quelqu’un l’aura certainement mis aussi en doute… mais de toute façon il continuait à vivre grâce à l’oxygène. Ainsi, certains mettent en pratique l’Amour de Dieu sans en avoir conscience. En revenant à nos moutons, la personne qui veut triompher des murs formés par les peurs dont j’ai parlé auparavant, permet à Dieu de « l’utiliser » selon ses divins desseins.
Celui qui s’abandonne au Seigneur pourra « être » sa Volonté, dans le sens qu’il deviendra comme un « crayon » dans ses Mains… et on sait qu’un crayon ne peut écrire tout seul, ni ne peut écrire quelque chose de différent de ce que veut le Penseur qui l’utilise pour s’exprimer. Un crayon n’a pas besoin de savoir à l’avance ce qu’on écrira avec lui dans le livre de l’histoire ; l’unique chose qui devrait lui importer c’est d’avoir la mine en graphite. Les athées aussi peuvent être de bons crayons ; eh oui, quand ils ont une mine, que vous pouvez assimiler à la rectitude, à l’altruisme, à la bonté, à la bonne volonté… et ainsi de suite. Dieu même pensera à les aiguiser, pour bien écrire sa Volonté et ainsi eux aussi seront des instruments de la Divine Providence, pour eux-mêmes et pour l’humanité. Vous tous cherchez à travailler de toutes vos forces pour avoir un bonne mine en graphite. Ceci ne dépend que de vous, c’est en votre pouvoir ! C’est vous qui décidez d’être des personnes honnêtes ou pas… ce n’est pas Dieu qui vous oblige à être bon et consciencieux, vrai ou faux. Et en ce sens, du moment que c’est vous qui devez choisir ce que vous voulez être, c’est seulement après que le Seigneur fera sa part et Il vous modèlera comme Il pense être juste. Ceci, ne l’oubliez jamais, est possible seulement parce que vous les premiers avez fait un choix initial : être ou ne pas être.