« Aime et fais ce que tu veux »
Tiré d'un discours de Swami Roberto
« Aime et fais ce que tu veux » disait l'Illuminé Augustin d’Hippone.
Bien sûr… son expression est d’une profonde simplicité et naturellement il ne peut en être qu’ainsi :
Quand on aime il n’est pas possible de faire le mal !
Aimer signifie être en syntonie avec Dieu même.
En aimant, tu réalises la vraie signification de la liberté : « Fais ce que tu veux », parce que dans la nature même de l’Amour existe le respect spontané de la liberté du prochain, sans en sentir l’oppression ou la limitation.
Au contraire la fausse liberté c’est agir contre nature, en empiétant sur l’espace d’autrui, non de manière spontanée, mais avec la volonté précise de faire violence.
Le « Fais ce que tu veux » d’Augustin vous pouvez le traduire par « va où ton cœur te porte »…
Imaginez le vent qui fait voler les feuilles où il lui plaît, tel est l’Esprit de Dieu qui vous conduit à la plénitude de sa Volonté.
Ne négligez donc pas l’origine qui réalise le Tout : Aime ou hais… puisqu’au sens absolu vous, et vous seulement, vous êtes les protagonistes d’un choix initial.
L’homme de Dieu comprend la liberté en la considérant comme une entité de Lumière qui dans son essence contient la nature immaculée de la pureté.
Cette liberté interagit avec tout être vivant sans la moindre volonté de modifier les sentiments d’autrui… et s’il se produit un changement dans le prochain, grâce à l’Amour, il est dû exclusivement à la volonté même du sujet qui s’y est reflété en L’accueillant.
L’authenticité spirituelle des paroles d’Augustin se réalise dans l’homme qui
s’abandonne à Dieu… et ceci arrivera seulement au moment où il évitera toute action ou réaction qui jaillit d’un raisonnement opportuniste, d’un calcul, ou de
la recherche d’un profit… donc à l’instant où, tout en s’exprimant pleinement, il ne sera jamais et pour aucun motif la cause de changements chez les autres individus.
Cette pensée ne doit pas vous pousser à croire que l’Amour est passif, bien au contraire… Il est très attractif, au sens « d’origine et de nostalgie », qualités déjà innées en chaque être vivant… et non pas en vertu d’une force magnétique comme celle d’un aimant, ce qui serait autrement violence.
En effet la Vie, Manifestation de Dieu qui te permet d’exister sur le plan physique, ne te contraint pas à prendre conscience de son Harmonie et de sa Beauté, ni ne t’oblige à vivre… par conséquent, tout en bénéficiant de la Vie, tu peux être intérieurement « mort ».
Le « Fais ce que tu veux » dit au contraire par les gens du monde est la manifestation la plus effrontée du concept d’« artificialité » ou d’une liberté dépourvue de spontanéité.
Personne ne le comprend intuitivement, mais se sentir avoir le droit de faire tout ce qui passe par la tête signifie, Je le répète, n’être ni vrai, ni spontané... même si tous croient exactement le contraire.
L’Esprit est l’absolue spontanéité …l’atome est l’absolue «artificialité».
Pensez-y : l’Esprit ne peut être contenu parce que sans forme, sans dimension et sans espace, et donc sa spontanéité est mise en évidence par l’impossibilité de le modifier, le transformer et l’analyser… mais malgré cela, l’idée que tous s’en font est qu’Il est limité exactement parce qu’Il est imperceptible… de même que l’Amour semble limité car dans l’absolu Il ne génère pas de déséquilibre.
L’atome est l’expression de l’artificialité pour le simple fait qu’il n’est pas éternel… dépourvu donc de cette caractéristique fondamentale, il est évident qu’il est susceptible de manipulation.
Le manque de l’Éternité en lui, est mis en évidence par le fait qu’il peut se transformer.
Beaucoup objecteront qu’on oublie la maxime scientifique : « Rien ne se crée, rien ne se perd, mais tout se transforme »… justement, j’ai dit exprès « transformer »…
L’Éternité est telle parce que si elle pouvait se transformer, elle deviendrait égale au temps qui manifeste sa relativité tant sur le plan physique que, plus simplement, sur le plan de la perception psychologique quand il se « modifie ».
Pour faire une boutade : en bonne compagnie le temps s’envole.
En tout cas le temps est compréhensible : on peut le mesurer et l’« employer » ; tandis que l’Éternité, même si tu le veux, tu ne peux la comprendre, et parce que tu ne peux la mesurer, elle ne peut pas être artificielle.
Le manque d’Éternité de l’atome, le réduit à être comme un ordinateur, où il n’y a pas de vie.
Voilà la révélation : l’Éternité est la Vie de l’Esprit, qui est éternel parce qu’Il vit d’Éternité
L’Éternité est « conservatrice » et, pour le comprendre, nous pouvons dire qu’elle est l’état de l’immortalité.
Le temps, au contraire, est le « destructeur », la dimension de la mort…
Voilà pourquoi il est juste de croire que Dieu est le « Destructeur du karma »…
En effet c’est seulement à travers le temps, manifestation de la Miséricorde de Dieu, qu’il peut arriver que chacun résolve sa dette karmique.
Le temps détruit inexorablement toute chose : tout passe.
Celui qui fait ce qu’il veut, en suivant les théories du monde, semble expérimenter la plus grande sensation de liberté, puisque le résultat de cette « permissivité » est le chaos, le désordre, le déséquilibre et la violence… toutes les caractéristiques de la « chair», comprise non seulement comme instinct, mais plus profondément aussi comme cerveau. Ce dernier, étant fait de chair, fonctionne grâce à des réactions cellulaires et il ne pourra donc jamais réaliser le concept spirituel «de l’éternité », de la Liberté absolue et de l’Esprit.
Voilà pourquoi mon enseignement est difficile à comprendre… mais surtout
il est encore plus difficile de comprendre qu’ «Aime et fais ce que tu veux » ne met absolument pas de limite à la spontanéité ni ne demande même de sacrifice… comme toute la théologie et la psychologie l’ont enseigné de manière erronée, puisque le monde va contre nature…
Mieux, Je veux être plus précis : le monde suit sa nature limitée…
Ce sont, au contraire, les êtres humains qui vont contre nature, parce qu’ils ont beaucoup de peine à décider de se révolter contre le « fort anesthésique» administré par l’illusion.